Les vertus de l’échec

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Qui n’a pas connu d’échec dans sa vie ? Arrivé à la cinquantaine, certainement peu d’entre nous. Mais il est difficile de le savoir car on ne s’en glorifie pas. L’échec est mal vu. C’est un tabou, une tâche, une humiliation, un accident de parcours inacceptable. En tous cas c’est ainsi qu’il est perçu en France, contrairement aux pays anglo-saxons où l’échec fait partie de la vie et du parcours de chacun. Il était temps que quelqu’un se penche sur cette erreur de jugement…

Jeudi dernier j’assistai à une conférence donnée par Charles Pépin. Ce philosophe et  professeur de philosophie, chroniqueur et écrivain, à qui l’on doit notamment la planète des sages, présentait son dernier ouvrage sorti en septembre, les vertus de l’échec. Pendent 1h30 il a développé le propos de son livre : il n’y a pas de réussite sans échec. Mieux : c’est parce que nous échouons que nous réussissons ! Et de citer les plus grands de ce monde qui, avant de devenir des sommités dans leurs domaines, ont connu l’échec. Charles de Gaulle a enduré 30 ans de déconvenues avant de se révéler lors de la seconde Guerre Mondiale. C’est après avoir abandonné successivement ses études de médecine puis de théologie que Charles Darwin, dépité, embarque pour un voyage sur le Beagles, voyage déterminant qui changera le cours de sa vie (et révolutionnera la biologie). Serge Gainsbourg se tourne sans conviction vers la chanson après avoir abandonné la peinture, art vers lequel il se destinait, et c’est alors qu’il devient l’immense auteur compositeur que l’on connaît. Barbara a essuyé des années d’humiliation avant d’intégrer un cabaret qui lui donnera sa chance et fera d’elle la grande artiste de l’aigle noir.

En étayant son propos d’exemples connus et identifiables par tous, Charles Pépin nous montre à quel point l’échec est indissociable de la réussite, mais qu’il est également le propre de l’être humain et ce qui le différencie des animaux. Quand l’animal réussit par instinct, l’homme passe par un processus d’apprentissages, de tentatives et d’échecs avant de réussir.

Si l’auteur s’est attaqué à ce sujet quasi tabou, c’est après avoir constaté que peu de philosophes l’avaient traité. C’est aussi à cause de la perception française  de l’échec : quand chez nous il est synonyme de faiblesse et de faute, dans les pays anglo-saxons au contraire, on y  voit un gage d’audace et d’expérience. Échouer est humain, et participe à notre construction.

Et si nous changions le regard que nous portons sur nos échecs passés ? Si nous les considérions non pas comme des embûches  mais plutôt comme des épreuves initiatiques grâce auxquelles nous avançons… Peut-être avancerions-nous mieux dans la vie ?

Les vertus de l’échec, de Charles Pépin, septembre 2016, Allary Editions

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