Un magazine pour Femme Majuscule

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Je me suis rarement abonnée à des magazines, ou alors de manière très ponctuelle, préférant l’éclectisme à l’esprit de système. J’aime fureter à la presse au coin de la rue, acheter une revue au gré des envies que me donnent les premières de couverture (marketing, quand tu nous tient !). Or depuis quelques années j’éprouve un sentiment de frustration quand je parcours les magazines au kiosque : titres racoleurs, mannequins acnéiques, pub omniprésente, contenu quasi inexistant… mais ça c’était avant !  Avant que je découvre Femme Majuscule grâce à une blogueuse quinqua (Corinne du Blog d’une provinciale). Je me suis donc rendue chez mon marchand de journaux et lui ai demandé le dernier numéro. Intrigué, il m’a regardé du coin de l’œil et m’a indiqué la troisième étagère au fond du magasin…

J’ai alors découvert un magazine différent, dans lequel je me reconnaissais. Un magazine complice avec ses lectrices. Des lectrices qui parfois jouent les mannequins d’un jour. Des mannequins professionnels quinquas en lesquels on s’identifie facilement. Curieuse, j’ai voulu en savoir plus et je me suis rendue dans les locaux parisiens de Femme Majuscule et j’ai rencontré Murielle Roos, la fondatrice et rédactrice en chef, afin d’en savoir plus sur cet ovni de la presse française… J’ai rencontré une femme passionnée et passionnante, mue par la volonté de faire bouger les choses pour cette tranche d’âge qui échappe aux radars du marketing : les + de 45 ans…

Françoise (Demi Lune) et Murièle Roos, fondatrice du magazine
Françoise (Demi Lune) et Murièle Roos, fondatrice du magazine
De droite à gauche : Nathalie Debotte, rédactrice en chef adjointe photo, Anne Séror, coordinatrice éditoriale, Delphine Bourgarel, webmaster, et Murièle Roos, fondatrice et éditrice du magazine
De droite à gauche : Nathalie Debotte, rédactrice en chef adjointe photo, Anne Séror, coordinatrice éditoriale, Delphine Bourgarel, webmaster, et Murièle Roos, fondatrice et éditrice du magazine

Après une carrière dans le marketing dans la grande conso, Murielle a travaillé sur la problématique du vieillissement de la population, notamment celui des femmes et a constaté un paradoxe étrange : les femmes de plus de 45 ans représentent un marché énorme, or personne ne veux en parler et encore moins s’adresser à elles ! Comme si le sujet était tabou. « Vous rendez-vous compte : une femme majeure sur deux a plus de 50 ans ! Et cette nouvelle génération se perçoit différemment de celle de leur mère au même âge. Elles représentent un marché énorme pour les marques alors que ces dernières les ignorent tout en convoitant leur porte-monnaie ! »

Une femme majeure sur deux a plus de 50 ans !

Et oui, c’est malheureux mais c’est la réalité : quand on n’est plus une « ménagère de moins de 50 ans », que devient-on ? Senior ? (quelle horreur !) Jeune senior ? (pire !) Quinquado ? (pitié !) Sexygénaire ? (on se calme !)… La vie continue, tout simplement. En meilleure forme que nos aînées. Encore actives pour la plupart, indépendantes financièrement, parfois séparées, on refuse cette image périmée que la société nous renvoie : l’entreprise rejette les 40+ jugés seniors, les marques évitent les quinquas les considérant peu glamour, et la presse, de fait, ne s’adresse pas à cette tranche d’âge mais préfère capitaliser sur les personnes à la retraite et leurs problèmes qui en découlent. A trop vouloir répondre à des objectifs marketing, on en oublie ce qui fait le succès d’un magazine : l’envie de l’acheter pour le lire !

Pourtant, nos voisins européens ont investi ce créneau avec succès. Aux Etats-Unis, le magazine MORE existe depuis longtemps et pèse dans la presse féminine. D’ailleurs, l’été dernier Murielle a rencontré la rédactrice en chef de More à New York et de leur échange fructueux est né un partenariat qui a débouché sur une interview croisée de Michelle Obama et Meryl Streep, reprise dans les deux magazines à la rentrée. Les groupes français sont-ils plus frileux que leurs homologues étrangers ? « En France, on est prisonnier de notre mode de fonctionnement, répond Murielle, 100% des capitaux des médias appartiennent à des hommes qui ne comprennent pas forcément la manière d’approcher leur lectorat, autrement qu’en faisant plaisir aux annonceurs ».

 

La presse des 45 ans et + en Europe
La presse des 45 ans et + en Europe

Murielle et son équipe ont vu juste. Le premier numéro de Femme Majuscule est paru en mars en 2011. Cinq ans plus tard, le magazine, entièrement indépendant, poursuit son développement et a revu son chemin de fer pour répondre aux attentes de son lectorat à travers 4 rubriques : Avoir de l’allure, Prendre soin de soi, Donner du sens, Passer à l’action. Résultat : 40 000 exemplaires vendus par édition et +3,8% de progression en 2015.

« vous faites quelque chose qui montre qu’on existe »

Quand une consœur lui a demandé si son courrier des lectrices était « vrai » Murielle s’est indignée « Bien sûr qu’il est vrai ! Nous recevons énormément de messages de la France entière. Celui qui m’a le plus touché, et qui me conforte dans cette aventure, c’est celui d’une femme qui m’écrivait « vous faites quelque chose qui montre qu’on existe ».

Le rêve de Murielle aujourd’hui, c’est d’arriver à monter une communauté de femmes majuscules, pour leur donner la parole. Sachez chère Murielle que Demi Lune est plus que partante pour ce projet !

jusqu’au 15 avril : abonnez-vous avec Demi Lune pour 19 € seulement et un 7ème numéro offert ! 

Alors convaincue ? Pour ma part, je vous laisse, je vais lire le dernier numéro avec Kristin Scott Thomas en couverture ! Et comme je suis une fille super cool, je vous ai dégoté une petite ristourne sur votre futur abonnement au magazine ! Pour en profiter, laissez moi votre adresse mail à contact@demi-lune.fr afin que je vous envoie le fichier ci-dessous en pdf.

FM-abonnement

 

 

4 réponses

  1. Marie Jeanne

    Bonjour,
    J’ai beaucoup apprécié votre article sur FM car je suis une fervente lectrice depuis le début . Un magazine unique pour nous les femmes de la cinquantaine, qui nous donne envie de nous sentir belles et de le « revendiquer » car trop souvent on nous considère comme des « vieilles » et effectivement de la sorte nous sommes délaissées par les magazines et pourtant Murielle Ross a réussi à déjouer tout les « interdits » et à nous rassembler dans une belle communauté.

  2. Murielle Ross est extra !
    De même que toute son équipe d’ailleurs !
    Je les ai rencontrées (j’en avais même parlé ici sur mon ancien blog: (http://zenitudeprofonde.over-blog.com/2015/09/j-ai-rencontre-l-equipe-de-femme-majuscule.html) et elles ont même réussi à me convaincre de venir courir pour la lutte contre le cancer…moi qui suis aussi sportive qu’un escargot !
    Ravie que tu partages mon point de vue sur ce super mag’
    Belle soirée !

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